La cantine

Compagnie l'Eau qui dort

mardi 11 mai 2027

Théâtre

  • 20h00

  • Théâtre Chateaubriand

1h0

12 mai 10h (sous réserve)

à partir de 12 ans

de 22 à 11 €

Quand une tragédie se fait comédie "héroïque"

DISTRIBUTION

Compagnie de l’Eau qui Dort

Direction artistique • Gwendoline Destremau

Autrice et metteuse en scène • Gwendoline Destermau

Avec • Pénélope Martin • Anthony Devaux • Clara Koskas • Amandine Chatelain • Pierre-Louis Gastinel

Musicien au plateau • Arthur Dupuy

Création lumière • Alexis Béranger Production et diffusion • Marion Detienne &• Léa Ferrari

Coproduction • Théâtre Georges Leygues création 2025

LE SPECTACLE

Après le spectacle Eurydice aux Enfers, la nouvelle création de la Compagnie de l’Eau qui Dort

 

Dans un petit collège en zone rurale, adolescents et professeurs naviguent entre difficultés personnelles et professionnelles, sous le regard cynique d'un narrateur omniprésent. Quand Yannick Pichon, professeur de français en burn-out, prend en otage élèves et professeurs, il déstabilise un quotidien emprisonnant et amorce une révolution où chacun lutte pour sortir de sa case.
Comédie acerbe, la pièce explore des questions d’exclusion, d’expression de soi, et de vie en société. Ce qui aurait pu être une tragédie se transforme en une comédie libératrice où chaque personnage devient héros à sa manière.

 

"Je veux défendre, à travers La cantine, notre force de métamorphose et de joie, dans un monde où le chaos et la peur prennent le dessus. Je veux donner confiance en notre capacité à transformer les récits, et je veux rire de nos immobilismes, de notre cynisme, de mes propres clichés d’autrice.
Je veux célébrer la libération de la parole, quelle que soit sa forme : que ce soit en hurlant, en exposant cliniquement un point de vue, ou en faisant péter la cantine." Gwendoline Destremau

 

Compagnie bretonne

 

Note d'intention
Parmi les artistes dont je m’inspire dans la mise en scène de La cantine, on peut retrouver le travail d’Alexandre Markoff au sein du Grand Colossal Théâtre. Comme lui, je veux faire de l’espace théâtral un espace vide d’objets, qui laisse place à l’imagination : les acteurs deviennent personnages, puis narrateurs, ouvrant le champ des possibles. Changement d’espace, d’identité, deus ex machina : les possibilités sont infinies. Dans La cantine, les interprètes seront mobilisés de façon exponentielle, puisque tout repose sur eux. Leurs corps et leurs voix font scénographie et mise en scène.
Pour moi, l’espace du collège, où se situe notre histoire, est la condensation, dans un espace donné, des problématiques qui traversent notre société. On y retrouve des jeux de pouvoir, des dynamiques d’exclusion, de la violence, de l’immobilisme. Une arène où les vivants se déchirent pour survivre. C’est ce lieu de combat que je veux représenter, dans un rapport mouvant et explosif au plateau.
Cinq comédiens et comédiennes, accompagnés d’un musicien live, interprètent une foule de protagonistes. Ils sont tour à tour élèves, professeurs, principale, surveillante, narrateurs de l’histoire. Ils sont en observation de l’action quand ils ne sont pas en jeu : placés autour de l’arène, ils entrent, sortent, changent de personnage en un éclair.
Ces changements rapides sont une soupape de décompression. Je pousse les acteurs à incarner sans distance les rôles ; ils sont dans un rapport cathartique à la parole, traversent sans demi-teinte et sans mesure les émotions des personnages. Mais ils peuvent en sortir aussi vite qu’ils y entrent ; ce qui permet une distance comique, un second degré quant à cette incarnation décomplexée. Le gilet d’explosifs n’est pas la véritable arme des héro·ïnes de cette histoire ; c’est leur capacité à s’exprimer. C’est d’ailleurs parce qu’ils n’ont pas la  parole que certains usent d’une bombe.
Le musicien au plateau participe en direct à l’histoire, personnage à part entière de chaque scène : représentant tantôt un élève, un cantinier ou un homme de ménage, il crée la musique en live à partir d’objets du collège : plateaux de cantine, chaises, machine à café, sur lesquels il place des micros adhésifs, et dont il fait évoluer les sonorités en direct. Il transforme par exemple de simples bruits de couverts sur un plateau de cantine en un tonnerre effrayant. Il mêle l’épique au quotidien, transforme l’espace par le son.
Visuellement, il faut imaginer le spectacle ainsi : le musicien en fond de scène, centré et surélevé, ressemble à l’arbitre d’un match et surplombe l’espace. La scène a la forme d’une arène, en demi-cercle. La création lumière sera simple et sans artifices. Une attention particulière sera portée aux accessoires du spectacle.
Je veux défendre, à travers La cantine, notre force de métamorphose et de joie, dans un monde où le chaos et la peur prennent le dessus. Je veux donner confiance en notre capacité à transformer les récits, et je veux rire de nos immobilismes, de notre cynisme, de mes propres clichés d’autrice. Je veux célébrer la libération de la parole, quelle que soit sa forme :
que ce soit en hurlant, en exposant cliniquement un point de vue, ou en faisant péter la cantine.

Gwendoline Destremau
Autrice et metteuse en scène

À PROPOS